TENTATIVE POUR UN ARCHIPEL
DOWNTOWN JOHANNESBURG / AFRIQUE DU SUD
résidence des Scénographies Urbaines
MARS 2009
avec Pathy Tshindele (artiste plasticien RDCongo)
I N S T A L L A T I O N / W O R K I N P R O G R E S S
Intervention dans un espace semi-publique
* Cliquez pour agandir les images
La nécessité de veiller à sa sécurité en permanence engendre la création de réseaux humains et de comportements spécifiques. Chaque building fonctionne comme un îlot, fermé et inaccessible pour les gens de l’extérieur. Isolés de la rue par de multiples portes, l’accès au building est contrôlé par des gardes, néanmoins squatté. Les toits des buildings sont les sommets de ces îles, ce sont des espaces où les enfants peuvent courir librement, loin du vacarme et du danger de la circulation des voitures, où le linge peut sécher et les femmes discuter en attendant. Par contraste, cela devient un paysage poétique très fort.
La population de chaque building se connaît et ignore celle des buildings voisins. Les nécessités sécuritaires et les regroupements par building de minorités immigrantes de même origine favorisent cet enclavement.
Les toits sont les espaces de liberté, ce sont des échappatoires à la prégnance de la rue.
Légers, immenses, et débordés par le ciel. Sans bousculades ni regards inquisiteurs.
Loin de la notion de territoire, de méfiance au détour d’ une rue, de vigilance pour sa propre personne, le toit du Drill Hall devient le lieu à partir duquel je me mets à travailler.
Relier les différentes personnes des building autour de la résidence selon le principe de « rendez-vous ». Chaque soir à la même heure, je les invite à échanger avec moi, de toit à toit.
L’idée de skynetwork sur le toit du Drill Hall est né d’une intention politique de rassemblement. La poésie de l’île et sa présence dans l’imaginaire collectif sont une base pour l’émergence d’un dialogue extra-ilôts.
L’espace du toit permet davantage d’agir à égalité avec mes voisins des buildings, depuis leur ilôt building, ils peuvent intervenir sur la surface verticale de leurs immeubles, depuis leur fenêtre (drapeau, message), depuis le toit de notre résidence, visible à 360 degrés. Je produis un dispositif scénique inspiré du Panopticon de Bentham (dispositif carcéral inventé par Bentham, analysé par M.Foucault dans “surveiller et punir”).
Le centre du Panopticon: la place du surveillant, devient celle du surveillé. Ce dispositif équivaut à mettre en place un espace physique pour le dialogue entre les Ilots, je m’y efface en tant qu’artiste. Le principe de « rendez-vous » quotidien donne la cadence d’un work in process au projet, et devient obsolète quand les spectateurs du début sont littéralement devenus acteurs et utilisateurs du dispositif.
Il s’agit d’arriver à faire des cellules des surveillés, un lieu de diffraction du point de vue de façon à faire travailler le regard comme un geste.






























